Mourèze

À la découverte du patrimoine naturel et bâti de Mourèze

Un peu d’histoire

Paysage grandiose et exceptionnel, le « cirque dolomitique de Mourèze » s’est constitué il y a quelques 160 millions d’années à partir des dépôts d’une mer chaude et peu profonde.

L’homme a tiré parti de ce cadre ruiniforme depuis le néolithique. Une petite agglomération s’est d’ailleurs constituée dans un enclos naturel durant les âges des métaux. L’homme du néolithique trouvait dans ce lieu de quoi s’abriter et se nourrir. On ignore l’origine du village actuel mais c’est autour de l’un des plus imposants piliers dolomitiques qu’il s’est peu à peu restructuré.

Depuis le XIème siécle, au moins, la vie locale s’est organisée autour de l’ancienne forteresse. Le « Roc Castel » permettait non seulement de contrôler les marges méridionales de la cité de Lodève frontalière avec celle de Béziers, mais aussi un vieil itinéraire mettant en contact le bassin de l’Hérault avec les monts d’Orb.

Cette vieille place forte, agrandie et remodelée tout au long du Moyen Âge passa dans la sphére d’influence des seigneurs de Clermont l’Hérault et fut abandonnée au seuil de l’époque moderne.

Mourèze avec son village accroché au pied du Roc de son château s’insère dans un des paysages ruiniformes signalés en France avec celui de chaos dolomitique de Monptellier le Vieux dans l’Aveyron.

Le nom de Mourèze serait d’origine pré-indo-européénne, « mur » signifiant « museau ». En occitan le « mourre » veut également dire le museau. Dans cette hypothèse, Mourèze signifierait le promontoire en raison de ses rochers spectaculaires.

La commune, dont la population atteint les 200 habitants, se situe sur 1 270 hectares et accueille plus de 80 000 visiteurs par an.

Le cirque de Mourèze est un site inscrit depuis 1941. En 2003, le site, de même que le lac du Salagou, ont été déclarés sites classés. Ils viennent de renter dans le cadre d’une « Opération Grand Site » visant à les protéger et les aménager.

Afin de participer au maintien et à la préservation du site un droit de stationnement vous sera demandé à l’entrée du parking. Nous vous remercions pour votre compréhension.

Circuits de découverte du patrimoine naturel et bâti du village

1) La fontaine

Vous êtes ici sur un très jolie place près de la mairie. Il y a un puits muni de sa pompe à roue, transformé en calvaire et gravé d’une croix antique portant l’inscription  » passant viens ».

À proximité, une fontaine en marbre rouge du Pic du Vissou dite « à griottes » a été édifiée au début du siècle dernier. Elle servait d’abrevoir et de lavoir communal.

2) La table d’autel

On ignore l’origine de cette table d’autel incomplète (VI, VIIème siècle) réemployée dans la façade de cette maison. Elle peut provenir de l’ancienne église Sainte-Marie-de-Mourèze mais aussi d’autres églises du secteur. Elle n’en constitue pas moins l’un des principaux témoignages de l’art chrétien de l’ancien diocèse de Lodève.

Sur ce morceau est représentée une couronne de laurier avec à l’intérieur un chrisme, il y avait deux groupes de six colombes symbolisant les apôtres. Entre chaque colombe, sans doute un cyprès, symbole de la vie éternelle.

2) L’église Sainte Marie

Mentionné pour la première fois en 990, on ne connaît pas l’origine de ce sanctuaire passé aux mains des évêques de Lodève en 1162. L’édifice actuel occupe une plateforme intermédiaire entre le château et le village. L’église est de style gothique mais fut remaniée à de nombreuses reprises (XIIIème, XIVème et XVème siècles), ce qui laisse à penser qu’elle fut construite sur les bases d’une ancienne église romane comme la plupart des églises du secteur au XIIème siècle.

Son porche d’entrée, en partie obturé par un contrefort intérieur, est de style roman tout comme le clocher. De l’époque romane, elle a gardé des fragments de murs dans sa façade nord ainsi que deux portes : l’une donnait au nord sur le castrum (entrée protégée) et l’autre s’ouvrait au Sud sur l’extérieur du village. Elle n’existe plus aujourd’hui.

Au XIVème siècle, le choeur et la nef furent remaniés en style gothique. On accède à l’église uniquement par la porte Nord. On ne sait pas pourquoi l’église fut remaniée à cette époque.

Fin XVIème siècle, au cours des guerres de religion, l’église a du être dévastée et remise en état au XVIIème siècle. Les 4 angles du monument sont munis de contreforts massifs dont un qui doit être un vestige d’une construction importante antérieure à l’église.

L’église est orientée à l’Est. Ses dimensions sont : 19 mètres de long, dont 11 mètres pour la nef, 8 mètres pour le choeur, 12,50 mètres de largeur dont 8,50 mètres entre les piliers. La construction est en appareil moyen comparable à l’église des Dominicains de Clermont l’Hérault. La nef comprend 2 travées couvertes de voûtes d’arrêtes du XVIIème siècle (ces 2 travées ont remplacé l’unique travée du XIVème siècle) séparées par des piliers rectangulaires, adossés mais élevés devant chacune des 2 portes qu’ils obstruent en partie. Entre les piliers furent aménagées des chapelles. Les murs Nord et Sud datent du XIVème siècle mais certains morceaux ainsi que les 2 portes datent du XIIème siècle. La voûte et les murs furent crépis dans les années 1970. Le choeur à 7 pans  comprend une abside pentagonale et une partie formant l’avant choeur. Il date du XIVème siècle et à remplacé celui du XIIème siècle pour des raisons inconnues. Abside et avant-choeur sont couverts d’une même voûte. Il ya une clé de voûte d’où partent huit branches d’ogives prismatiques retombant sur des culots dont trois représentent des têtes d’hommes ou d’animaux. Une lierne relie la clé de voûte au sommet de l’arc triomphal. Cette clé est historisée : elle représente la main de Dieu masquant la poignée d’une épée symbole de la croix du Christ. Le chevet polygonal et ses puissants contreforts à 1 ou 2 ressauts reposent sur le rocher.

Le clocher qui prend des allures de véritable donjon doit dater de la même époque. Il devait compléter le dispositif de défense du village et de protection des biens et des personnes, par ailleurs plus vaste que celui que l’ont peut voir actuellemlent. il se compose de trois niveaux et se situe au sud-est de la nef.

L’église s’étendait jusqu’à la paroi du rocher qui porte le château. Elle possédait plusieurs chapelles annexes situées autour du village dont on trouve quelques vestiges de nos jours. Le Saint patron du village est Saint-Roch car suite à une épidémie de peste, les habitants de Villeneuvette formulairent le voeu d’aller à Mourèze tous les 16 août en procession, pieds nus, pour vénérer la relique de Saint-Roch. Cette  tradition s’est perpétuée jusqu’aux années 1970.

4) Le presbytère

Situé sur la même terrasse que l’église, il date probablement de la première moitiè du XVIIème siècle. Simple maison couverte d’un toit en appentis, il se distingue cependant des maisons paysannes du village par la présence d’un jardin mentionné dès le début du XVIIème siècle et d’une grande baie à meneau central. Il fut restauré il y a quelques années dans le cadre d’une opération de valorisation du patrimoine portée par la Communauté des Communes du Clermontais.

5) Le four

À l’époque, le four appartenait au clergé. Au cours des décennies, il fut racheté par plusieurs propriétaires qui continuérent des cuissons jusqu’au début du XXème siècle.

À l’abandon depuis des années, il a été récemment restauré dans le cadre d’une opération de valorisation du patrimoine portée par la Communauté des Communes du Clermontais.

6) Le château

L’imposant pilier dolomitique sur leaquel a été niché le château de Mourèze, évoque de belle manière la recherche fréquente de sites d’eception qui a présidé à l’installation des premières forteresses du Moyen-Âge : une hauteur inexpugnable d’où l’on peut surveiller et contrôler hommes et territoires. Mentionné comme l’église Sainte-Marie en 990 (Castro Morecino), le « castrum » de Mourèze était aux mains de la haute aristocratie régionale. Il dépendait de 3 co-seigneurs : les Guilhem de Clermont, les Guilhem de Béziers et les comptes de Lauzières.

Le personnage le plus célèbre de cette famille fut le maréchal de Lauzières de Thémines, gouverneur de Bretagne, qui conduisait sous la vigilance de Richelieu, le siège de La Rochelle en 1628. Instrument de pouvoir, il se situait dans la sphère de domination des vicomtes de Béziers au mloins jusqu’ à la fin du XIème siècle. Il semble être passé, par la suite, sous l’influence concurrente des Guilhem de Clermont et des évêques de Lodève. À partir du XIIIème siècle, il est entré dans la sphère du pouvoir royal installé à Cabrières.

Le château aurait été agrandi et fortifié de hauts remparts au milieu du XIVème siècle, suite à l’invasion de Cabrières par les Anglais qui déclenchèrent de nombreux troubles dans le Languedoc.

En cas de siège, le château pouvait s’auto-suffire grâce à de nombreuses citernes et de nombreux greniers. Les habitants bénéficiaient de cette protection. Le château avait la répiutation d’être imprenable. Lors des guerres de religion, le Duc de Montmorency avait assiégé la ville de Clermont l’Hérault et pris son château en 1584, mais il ne parvint pas à prendre celui de Mourèze en 1587.

Après les guerres de religion, l’édifice perdit de son intérêt et commença à être progressivement abandonné par ses seigneurs qui préféraient les faste des la Cour Royale au logis froid et insalubre de leur château. Il ne reste rien de visible aujourd’hui de la forteresse de l’an mil mais des pans de murailles plus tardives évoquent toujours le souvenir de la place qui dominait physiquement et symboliquement le village.

La devise : POST FUNERA VIVET (que son nom survive aux ruines)

Après la révolution, tous les biens seigneuriaux et ceux du clergé furent vendus et ce fut la fin de la seigneurie de Mourèze.

7) À la découverte du cirque de Mourèze

Ce site naturel d’une qualité exceptionnelle est constitué par un chaos de rochers ruiniformes calcaires dolomitique. Cette roche provient de dépôts sédimentaires laissés par la mer il y a plus de 160 millions d’années. Ce paysage fantasmagorique est l’oeuvre de l’érosion qui continue inlassablement à le ciseler et le sculpter.

Quelques mots sur la dolomie

Le cirque de Mourèze est constitué de terrains sédimentaires de la fin de l’ère scondaire comme le plateau du Larzac. Les dolomies sont un mélange de carbonate de chaux et de carbonate de magnesium. L’érosion chimique de l’eau s’exerça de manière très irrégulière sur les carbonates donnant ainsi ces formes si particulières que l’on trouve également sur le plateau du Larzac et au chaos dolomitique de Montpellier le Vieux. Les torrents d’eau ont permis de dégager les parties les plus tendres mettant à nu les gros blocs de pierre formant de véritables statues dressées vers le ciel. La pierre est peu effervescente aux acides, plus ou moins friable. Elle provient des vastes dépôts des mers de l’époque secondaire. La dolomie subit l’érosion de l’eau, du vent, du chaud et du froid et la physionomie du cirque évolue chaque année.

Certaines roches sont appelées « roches pédonculaires » car leur base est plus éffilée que leur sommet, comme un champignon.

Les statues du cirque

Ces dolomies ont certes été érodées par la nature mais certains érudits locaux ont évoqué le fait que la main de l’homme y soit pour quelque chose sur certains rochers aux formes plus que familières. De plus la plupart des traces d’occupation de l’homme du néolithique furent découvertes près de ces roches sculptées. Parmli ces pierres : la « tête de mort » et ses 7 mètres de hauteur, le « Sphinx », les « Fées », le « Lion dréssé », le « Cèpe », « Quasimodo », la  « Tortue », les « Amoureux », le « Scorpion », le « Bison », la « Sirène », le « Sourcier »…

On peut noter la présence d’un système de défense autour de certains rocs mais leurs fonctions ne sont pas bien définies par les archéologues. Il y avait des « rochers habitat » que les hommes préhistoriques utilisaient comme habitation et des « rochers totémiques » avec une symbolique particulière, comme la vie et la mort, avec les « rochers de la maternité », le « phallus » et la « demoiselle ». Le symbolisme de la femme et de la procréation était important à cette époque car la vie était courte, les maladies courantes et il fallait donner la vie le plus possible afin de perpétuer la race.

Laissez libre court à votre imagination pour retrouver ces statues de pierre dans le cirque ou bien en dévouvrir d’autres !

8) À la découverte du parc des Courtinals

Au néolithique, ce lieu était habité par les hommes préhistoriques. On y a troiuvé plusieurs haches en silex, des pointes de flèches et des objets rares. Ils avaient de l’eau, des abris naturels et de quoi se nourrir. L’endroit était idéal pour s’installer. Autrefois, les bergers qui trouvaient des hachettes polies pensaient qu’elles étaient tombées du ciel et les prenaient pour des cadeaux faits par les dieux. Ils les perforaient pour en faire des pendentifs ou bien s’en servaient pour faire des battants de cloches pour leurs troupeaux. De nombreux autres vestiges furent retrouvés dans et autour du cirque. Il fut également retrouvé des « pierres figures » sur lesquelles on peut distinguer des têtes d’hommes ou d’animaux. Les hautes parois des Courtinals forment des enceintes naturelles. Entre les rocs, on devine des ruelles, des impasses des raidillons transformés en gradins et menant à des murailles aménagées en tours naturelles et en remparts. Au dessus du pont de bloc (à l’entrée du parc) se trouvait la plateforme formant la citadelle. Les rocs sculptés avaient un but défensif, faire peur aux ennemis. Il y avait plusieurs endroits avec des guetteurs. Les fortifications de cette « ville » étaient en fait naturelles et l’homme s’est adapté à celles-ci pour vivre. Les Romains y avaient établi un fort de garnison afin d’y surveiller la voie romaine.

Un chemin balisé de 30 minutes vous permet de découvrir ce parc et l’accès à un belvédère dominant le cirque et le village.

L’économie du village

L’économie 

Le village ne disposait pas de beaucoup de richesses. Il vivait de sa nature environnante et notamment du bois et des rivières qui coulent en contre bas du village. Les habitants fabriquaient des fagots de bois et du charbon qu’ils vendaient ensuite aux habitants des alentours. Il fallait également s’occuper des vignes, des bêtes et cultiver les champs…

Au XIXème siècle, il y avait tous les métiers nécessaires à la vie du village : cordonnier, couturière, maréchal-ferrant, cantonnier, instituteur et garde champêtre. Il y avait également des bergers, car à cette époque, l’élevage de brebis était une activité importante pour l’économie du village. Malgré la présence de bois tout autour du village, il n’y avait pas de bûcheron pour couper le bois, les habitants le faisaient eux-mêmes.  Il faudra attendre la fin du XIXème siècle et le début du XXème siècle pour voir arriver les bûcherons d’origine italienne qui fabriquaient également du charbon de bois dans les charbonnières en haut du cirque.

Les habitants avaient peu de revenus, ils vivaient de leurs cultures, souvent maigres car la terre n’était pas très généreuse. Il n’y avait pas assez de production en interne pour faire vivre le village. La vigne occupait peu de place et la production était à peine suffisante pour faire vivre la population. Le bois rapportait suffisamment, les brebis et les chèvres fournissaient le lait, le fromage et la viande en plus de débroussailler le cirque.

Il y avait également un élevage de volaille et de porcs. La culture de l’olivier était aussi présente. Il ya avait également 2 moulins : l’un à blé et l’autre drapier sur la Dourbie. À priori ils disparurent avant la Révolution.

Au début du siècle dernier, la région de Mourèze était réputée pour être très giboyeuse. Il y avait de très nombreux lapins et autres petits gibiers. Durant la guerre, cette abondance de gibier fut bénéfique pour les villageois.

Anecdote

Dans les années 1920, sur l’angle d’un mur était inscrit : « hôtel, suivez le fil ». Un fil de fer menait tout droit dans le coeur du village à une petite auberge où l’on pouvait déguster tourdres, bécasses, perdreaux, lièvres cuits au feu de bois.

Le chemin des charbonniers

Cette activité existe dans la vallée du Salagou depuis au moins le XVIIIème siècle. L’unique piste du cirque a été tracée par les chariots des charbonniers italiens qui transportaient à pied leur charbon de bois depuis le bas du mont Liausson à la route. Des sacs en toile de jute étaient remplis de charbon de bois, descendus sur des traîneaux à mlain d’hommes avant d’être dposés sur des charrettes pour être vendus en ville ou sur place.

Pour obtenir 1000 kg de charbon de bois il fallait environ 5000 kg de bois. C’était un combustible interressant car il ne dégageait pas de fumée, et était plus léger que le bois, donc plus facile à transporter. Les charbonnières fonctionnérent encore durant la guerre pour alimenter les véhicules se déplaçant au gazogène. Les charbonniers vivaient au village mais durant la combustion ils restaient sur place pour surveiller la carbonisation. Ils contruisaient un abri en forme de dôme pour assurer la surveillence et se protéger des loups encore présents à cette époque. La meule ronde en forme de demi-sphère se composait de bûches de 40 à 80 cm de long. Une fois bien rangées, les bûches étaient recouvertes de terre afin que le combustion se fasse lentement et sans flamme. Une cheminée centrale évacuait les fumées. 8 à 10 jours étaient nécessaires pour un combustion complète.