RÉUNION DU BRGM

(Réunion du 24 juillet 2025 à Lodève – Présentation du projet)

Programme de recherche en ressources minérales du BRGM

Clarification importante

Il est à noter que le BRGM a affirmé, lors de cette réunion, que ce programme de recherche est totalement indépendant et ne concerne en rien la recherche de lithium envisagée par la société norvégienne TRANSITION ELEMENTS.

La concomitance de ces deux démarches, dans le temps et l’espace, est, à priori, une pure coïncidence. Deux programmes de recherche, BRGM et Lithium, seront donc opérés simultanément sur notre territoire. 

Pour le BRGM, au regard des précédentes investigations menées sur notre territoire dans les années antérieures, aucun indice de présence de lithium n’a été précédemment décelé ( ? ).

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Ce projet d’envergure, confié au BRGM (Bureau de Recherches Géologiques et Minières), s’inscrit dans le cadre de France 2030 et sera financé par l’ANR (Agence Nationale de la Recherche) sur une durée initiale de cinq ans.
L’objectif principal est de réduire notre dépendance et de sécuriser l’approvisionnement, enjeu crucial pour la résilience de l’économie nationale et la gestion durable des ressources.

Un inventaire national modernisé et étendu

L’inventaire actuel, réalisé entre 1970 et 1995, est devenu obsolète. Cette mise à jour s’inscrit pleinement dans le cadre de l’adoption du CRM Act (*), la directive européenne de décembre 2023 visant à sécuriser l’approvisionnement de l’Union Européenne en matériaux stratégiques.

Pourquoi un nouvel inventaire est-il nécessaire ?

  • Couverture incomplète : Plus de 30% des « zones d’intérêt prospectif » n’ont jamais été étudiées et la totalité du territoire n’avait pas été couverte par une méthode géophysique.
  • Profondeur d’investigation limitée : L’inventaire précédent se limitait à 300 mètres de profondeur maximale, avec des sondages localisés.
  • Techniques d’exploration obsolètes : Les méthodes des années 1980 sont dépassées. Les avancées technologiques majeures en géophysique (levées à grande échelle, profondeur d’investigation pouvant atteindre 1 km) et en géochimie (nouvelles techniques analytiques) permettent aujourd’hui une exploration bien
    plus efficace.
  • Nouvelles substances critiques : L’ancien inventaire ne recensait que 22 substances prioritaires. Aujourd’hui, 55 matériaux sont définis comme critiques et stratégiques, tels que le lithium, le tantale, le césium ou le germanium.

Le nouvel IRM (Inventaire des Ressources Minérales) se concentrera sur les phases d’exploration stratégique pour identifier les secteurs les plus favorables et produira des cartes d’anomalies susceptibles de constituer de futurs gisements.
À l’occasion de ces investigations, les moyens technologiques utilisés pourront permettre, le cas échéant, de mettre en évidences l’existence de poches aquifères profondes.

Méthodes d’investigation et territoires ciblés

La mission confiée par l’État au BRGM mobilisera diverses méthodes d’investigation pour identifier des gisements non détectables en surface (cachés sous couverture) ou des extensions en profondeur de gisements déjà connus.

Moyens mobilisés

  • Des campagnes d’acquisition terrestres et aéroportées importantes seront menées.
  • L’utilisation des approches et technologies les plus performantes et innovantes sera privilégiée, notamment dans le domaine de l’intelligence artificielle et des sciences de la donnée.

Zones géographiques stratégiques

Quatre zones ont été identifiées pour ces campagnes d’acquisition de données :

  • Vosges
  • Massif central
  • Morvan-Brévenne
  • Pyrénées-Cévennes

Défis et mise en œuvre du projet

Ce vaste projet national nécessitera de relever plusieurs défis pour assurer son succès.

Les défis à relever

  • Mener des campagnes d’acquisition logistiquement complexes sur l’ensemble des zones identifiées.
  • Mobiliser et coordonner l’écosystème minier français, actuellement dispersé après trois décennies d’inactivité.
  • Créer de la valeur ajoutée en misant sur l’innovation et les partenariats.
  • Assurer une communication et une médiation scientifique efficaces pour expliquer les enjeux économiques, sociétaux et techniques du projet.

Chronologie et pilotage 

Le projet est conçu pour une mise en œuvre opérationnelle rapide, avec un démarrage prévu fin 2024 et une durée de cinq ans. Les résultats seront publiés régulièrement tout au long du processus.

Le BRGM dirigera ce programme, s’appuyant notamment sur sa filiale BRGM Explore pour la mise en œuvre opérationnelle.
Celle-ci fera appel à des sous-traitants spécialisés pour des tâches spécifiques comme les vols aéroportés ou la collecte et l’analyse d’échantillons. Le BRGM supervisera l’ensemble des aspects administratifs, financiers et scientifiques.

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(*) Le Critical Raw Materials Act (CRMA) de l'UE


Sécuriser l’Approvisionnement en Matières Premières Stratégiques

Le 18 mars 2024, le Conseil de l’Union européenne a officiellement approuvé le Critical Raw Materials Act (CRMA). Cette étape finale marque l’entrée en vigueur prochaine de cette législation cruciale, conçue pour renforcer la sécurité et la diversification de l’approvisionnement de l’UE en matières premières critiques.

L’objectif principal du CRMA est de réduire la forte dépendance de l’UE vis-à-vis des pays tiers pour des matériaux essentiels à ses transitions énergétique et numérique. La demande pour ces matières premières étant en forte croissance, le règlement introduit plusieurs mesures clés :

  • Projets stratégiques : Identification de projets prioritaires pour l’approvisionnement en matières premières.
  • Évaluations des risques : Exigence d’évaluations régulières des chaînes d’approvisionnement.
  • Plans d’exploration : Incitation pour les États membres à développer leurs propres stratégies d’exploration.
  • Aimants permanents : Mesures spécifiques pour ces composants vitaux.

Le CRMA établit également deux listes distinctes : l’une pour les matières premières stratégiques et l’autre pour les matières premières critiques. Pour garantir une plus grande autonomie, le règlement fixe des objectifs ambitieux pour la consommation annuelle de l’UE :

  • 10 % de l’approvisionnement devra provenir de l’extraction locale.
  • 40 % devront être transformés au sein de l’UE.
  • 25 % devront être issus du recyclage.

 

Ces mesures visent à bâtir une chaîne d’approvisionnement plus résiliente et durable pour l’Union Européenne.